Interview 

  • Pourriez-vous présenter votre groupe SIDILARSEN, ainsi que l’origine du nom de groupe ?

Nous nous sommes formés en 1997, nous avons sorti 3 démos et 6 albums à ce jour, on a tourné en France et en Europe, on fait une musique propre à Sidi, quelque part entre rock, indus, metal et electro, quelque chose qui parle au corps et à l’esprit. Le nom Sidilarsen vient d’une petite ville algérienne, ça ne s’écrit pas comme ça, on l’a contracté pour en faire notre identité. On aime la sonorité du mot, le côté « sud », le symbole du métissage, la rencontre entre le sud et le « larsen » de guitare très connoté « rock ».

  •  Parlez-moi de vos racines musicales ? Vos parcours ? vos influences ?

Nous avons grandi avec l’héritage Léo Ferré, Brassens, Brel, puis on a écouté pour certains, du Renaud, puis les Bérus, et on a enchainé sur du metal et du hard rock à l’adolescence : Metallica, ACDC, Guns’n roses, Iron maiden, mais aussi Suicidal Tendencies, RATM, Nine inch Nails, Nirvana, Alice in chains, Soundgarden, Pantera, Sepultura, puis Korn, Tool, Clawfinger, Prong, Lofofora, Rammstein, Spicy Box, Fear Factory, Y Front, White Zombie, Limp Bizkit, Deftones, Will Haven, Refused, Raised Fist…etc… puis également des artistes « electro punk » comme Prodigy, Atari Teenage Riot, du trip hop, Massive attack, Ezekiel, du break beat, de la tech hardcore, Micropoint, Heretik System, de la trance, du bon rap, Beasty Boys, Eminem, NTM, Cypress Hill…Beaucoup de Noir désir depuis leur début, du Bashung, du Gojira…Tu vois que notre culture musicale est vaste…. Le groupe qui nous a bien rassemblés et donné envie d’intégrer des machines fût Nine Inch Nails.

  • Comment décririez-vous votre univers ?

Dancefloor metal ! ;-) On est un groupe de rock qui écrit des chansons, avec un son metal (grosses guitares) sur fond d’electro, de rythmiques dansantes et de mélodies. Les textes sont importants pour nous.

  • Dancefloor Bastards est sorti en 2016, on s’en prend clairement plein la gueule, du son bien étudié, des paroles bien aiguisées, je pense à « guerres à vendre », entre autres..car chacun des titres est parlant et criant de vérité.Parlez-moi du processus de création de Dancefloor Bastards ?

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Cet album a clairement été composé d’une façon très spontanée et dans une certaine urgence, on avait un délai plus short que d’habitude pour aboutir les compos, l’enregistrement et le mixage. On a sorti nos tripes, on s’est fait plaisir, on a été moins cérébraux que d’habitude. L’écriture a jailli, elle était chargée, car nos vies personnelles sont en pleine mutation, on flirte avec la quarantaine, quand ce n’est pas déjà fait pour certains, et l’actualité fût elle aussi très chargée, ça donne un contenu puissant aux niveaux des textes et des émotions.

Le son se veut plus débridé, plus expressif, on a privilégié l’instant présent à chaque prise, sans penser au résultat final, on a clairement cherché l’émotion, l’expressivité, dans chaque instrument et chaque arrangement. Plume, notre réalisateur, a fait un travail incroyable.

 

  • Que pensez-vous de la place du musicien aujourd'hui dans la société Française et aussi en Europe ?

Les musiciens et les artistes en général ont un rôle important à jouer dans un contexte de crise international, dans un contexte de repli…les musiciens doivent apporter du rêve, de l’espoir mais aussi une parole lucide et claire quant aux dérives politiques, aux dérives sociétales…je pense que les artistes, de tout temps ont eu un rôle à jouer pour aider les populations à réfléchir et à avancer. Parfois, aujourd’hui en France, je trouve que les artistes rock sont un peu timides et se contentent d’être dans des cases établies, dans un système cotonneux, esclaves d’un modèle économique biaisé, c’est un peu lisse et un peu flippant….il y a bien sûr des contres exemples, la scène metal et punk française me semble plus engagée et lucide, avec des groupes comme Black Bomb A, Tagada Jones, No one, Mass, Gojira, Lofofora, Les Ramoneurs de Menhir, Punish Yourself, Burning Heads, Stupéflip, etc… Il est important de se rappeler que nous sommes encore dans un pays libre, mais que ça peut changer, certains populistes n’hésitent pas à s’en prendre aux artistes en les qualifiant de « branleurs » et d’assistés, ça peut déraper…Pas si loin, en Russie, les artistes n’ont pas une parole totalement libre… Nous devons rester lucides et combatifs…

  • La scène Metal française n’est pas du tout représentée aux victoires de la musique, en tant que fan de cette musique, cela nous frustre pas mal, et vous entant qu’artiste, comment réagissez-vous à ce manque de reconnaissance ?

C’est vrai que la France fait un blocage au niveau du metal, plus précisément les mass médias bloquent. Aux USA ou dans les pays du nord de l’Europe, tu entends du metal à la radio comme tu entends du r’n’b, de la chanson, du rock etc… En France, j’ai le sentiment que les mass médias, les radios, les TV sont tenus et verrouillés par les mêmes depuis 30 ans, donc rien ne bouge...ils ont une vision de ce que doit être la musique grand public : de la variété aseptisée, bien lissée, bien dans les cases établies…c’est dommage. Même le rap et le r’n’b se « variétisent » de plus en plus…Ca finira peut être par bouger grâce notamment au Hellfest et à un mouvement de fond que je ressens sur le terrain… Il faut lancer la radio Skyrap, numéro un sur le rock et le metal !! ;-) ;-) ;-)​

  • SIDILARSEN fêtera bientôt ses 20 ans, des projets autour de cet évènement ?

Carrément ! On a super envie de tourner un DVD dans une super salle du sud de la France ! On va préparer un beau truc !! ;-)

  • Ce qu'on peut souhaiter aux membres de SIDILARSEN?

De passer un cap à l’international et en France, pour vivre un poil plus décemment et nous concentrer sur la qualité de notre musique, on en prend le chemin ! On part en Russie en novembre, apparemment on est attendus là bas, c’est fou, et c’est un beau symbole en ces temps de tension extrême entre l’Europe, la Russie, les USA, le Moyen Orient…tout ce qui peut créer du lien, même à échelle modeste, nous intéresse et nous motive !

 

Un grand merci à vous et bonne tournée !

C’est moi qui vous remercie au nom des Sidi !​

   David Sidilarsen

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