MAYNARD JAMES KEENAN

Une parfaite union des contraires

Chronique signée Tristan le  28/10/2018

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Auteur : MAYNARD JAMES KEENAN, SARAH JENSEN

Traducteur : Christophe Muller

Editeur : Camion blanc

Sortie :  20/05/2018

MAYNARD JAMES KEENAN

Une parfaite union des contraires

 

Salut à vous, mangeurs d’éléphants.

 

Je suis là paisible, assis dans mon fauteuil au coin du feu, une légère odeur de feuille de papier imprègne mes narines alors que je tourne les pages de la vie de Maynard. Dans la pénombre, le visage concentré balayé par les vagues orange du reflet des flammes de l’âtre de la cheminée, je pars en tournée aux côtés de ce personnage incroyable. Dans mes oreilles raisonnent les riffs impertinents et la voix enivrante et brutale qui confectionnent l’album Ænima de Tool.

Maynard fait parti de ces artistes qui restent très distant des médias, difficiles à cerner et à appréhender, ne cherchant pas forcément la lumière des projecteurs et l’attention de ses fans. Cela fait de ce livre une exception à la règle qui le rend d’autant plus attractif.

C’est tout d’abord une biographie et en tant que telle, elle respecte l’ordre chronologie de la vie de Maynard, vie qui elle, à l’inverse de cette biographie, ne se soucie pas vraiment des codes de la société humaine.

Maynard est un électron libre, une créature hybride hors de tout contrôle et de tout dictat.

Mais il n’en a pas été toujours ainsi, sa vie commença simplement dans une famille campagnarde, issu d’immigrés italo-irlandais, comme il y en a beaucoup aux Etats-Unis. Il a grandi avec la blessure du divorce de ses parents, c’est un enfant introverti qui lute pour grandir dans un monde qu’il peine à comprendre. Adolescent il se révolte à sa façon : il monte un groupe de punk rock avec ses amis et enregistre un EP qui ne donnera pas grand-chose mais cette expérience restera gravée à jamais dans ses tripes.

En conflit avec son père sur son désir de faire une école d’art, il fait un compromis, 3 ans à l’armée lui permettront de financer ses études dans une école de design industriel.

Maynard semble être un adolescent comme un autre, déchiré entre ses propres envies de réalisation personnelle et celle que sa famille voit pour lui.

Mais Maynard est un esprit libre et petit à petit, à force de déceptions et d’échecs, il développe comme personne sa capacité à tirer les bonnes leçons et à briser ses chaînes une par une, et c’est sans doute sa plus grande force, il ne reste jamais à terre, il se relève avec la rage au ventre, combat ses démons et ne s’encombre pas des personnes négatives.

C’est en cela qu’il force l’admiration et le respect, cette incroyable confiance en ses capacités et en son projet. Rien ne semble l’arrêter, il fait siens les savoirs et les compétences dont il a besoin avec une aisance déconcertante : en dessin, en musique, en sculpture, en marketing, en jujitsu et en viticulture. Il ne reste jamais sur ses acquis, il évolue sans cesse, en perpétuelle mutation. Son regard perçant semble toujours assoiffé de connaissance.

Il a l’admiration de ses proches mais il laisse malgré tout beaucoup de gens derrière lui, car peu d’entre eux sont capable de le suivre. Mais ce qu’il fait, il le fait pleinement, avec une sincérité et une passion dont peu de gens sont capables. Il fait en sorte que les personnes avec qui il travaille tirent toujours un plein potentiel de leurs capacités, il sait motiver ses troupes, il est de ces personnes qui vous font progresser si vous êtes prêt à vous remettre en cause.

Un esprit critique permanant et en même temps très constructif ; Maynard est une force créative hors du commun qui ne souffre d’aucune étiquette.

La lecture de sa biographie peut être une source d’inspiration sans limite, un exemple à suivre, une philosophie à adopter.

Maynard : la parfaite union des contraires car en lui s’unissent des concepts tellement opposés : mysticisme et science, art et marketing, design et animalerie (lisez le livre), musique et viticulture, famille et travail, amour et haine…

Un être à part ce Maynard, tous ses fans le savent déjà, et ce livre nous offre le privilège de décoder une partie de ce qui se passe dans ce grand esprit créatif qui n’a certainement aucune limite.

Je referme donc ce livre, avec une étrange impression de sérénité mêlée de rage de vivre. J’éteins la musique à la fin du titre « Pushit », et une idée me traverse l’esprit : vivement le prochain album de TOOL…

Rendez-vous en 2019 !

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