CHRONIQUE : VERDUN !

par Tristan le 18/03/2018

FT-17

Photo : SiG

Line up : Hugo Chereul dans le rôle de Marcellin, Hrotulf: guitare, Janus: batterie, Misein: chant principal, Khorto: piano, Damned: guitare, Cide: basse.

FT-17

Verdun !

Lorsque FT-17 nous emmène une nouvelle fois en enfer, il ne fait pas les choses à moitié, voici la suite de l’histoire de Marcelin, un poilu au milieu de la première guerre dans tout ce qu’elle a de plus terrible.

L’album s’ouvre sur la voix rauque de Marcelin surgissant soudain du néant, profonde et vibrante elle nous projette instantanément là-bas, à Verdun, le 4 mai 1916. La tension est palpable, traversant le temps et l'espace.

Les guitares montent, précédée par un piano au tempo lent et soutenu, la mélodie est pesante, harmonisée avec la voix de Tom qui nous prend aux tripes.

Marcelin poursuit son récit d'un décor surréaliste, un paysage de guerre apocalyptique, le tempo s'accélère, les guitares deviennent plus agressives accompagnées par le chant growl si terriblement précis et technique.

Nous y sommes, aux côtés de Marcelin, on ressent sa peur, l'angoisse avant le combat, l’épais voile de torpeur précédant le conflit nous enlace froidement à l’approche du fort de Vaux.

Les guitares deviennent épiques, appuyées par le piano et la batterie. C'est du pur génie, la musique nous parcoure l’échine, nous fracasse, nous met à mal et le chant nous achève en nous transperçant le cœur.

Chaque morceau nous entraîne un peu plus loin dans l'enfer des combats. On entend les balles siffler à nos oreilles, on est ébloui par les tirs d’artillerie, on sent l’odeur du sang, de l'urine et de la mort. On marche sur les cadavres, on court à travers le champ de bataille jusqu'en perdre haleine, on hurle, on enrage, on frémit avec Marcelin, tout du long.

A chaque fois on est surpris par la qualité de la production et de la composition, chaque titre est une pépite d’or que l’on écoute avec voracité.

Et enfin, épuisé par tant de fracas et de cauchemar, les tripes tenaillées, la gorge serrée, FT-17 nous offre l'apothéose de cet opus avec le dernier titre :

« Au fond du trou »

Le final grandiose, les riffs se succèdent avec brio, Tom pousse sa voix à ses limites, un growl grave puis aiguë, pure perfection émotionnelle, cette chanson est un chef d'œuvre de créativité et de sensations. Mélangeant magnifiquement les styles musicaux et les sonorités, jouant avec nos émotions, nous embarquant dans un tourbillon de sensations qui donne le vertige. Juste parfait, certainement le plus beau morceau que je n’ai jamais entendu… j'en reste sans voix.

Verdun ! D'FT-17 est un magnifique album, un diamant d'ingéniosité musicale et un grand moment d’émotion, bravo les mecs ! Vous m'avez décollé la couenne. Juste FABULEUX !

Tristan 

 

Le 21 février 1916, l'armée allemande lance une grande offensive sur la région fortifiée de Verdun avec l'objectif d'épuiser les forces de l'armée française. Après un intense bombardement, elle attaque la rive droite de la Meuse et brise la défense française au Bois des Caures.

Le 25 février, le fort de Douaumont tombe aux mains des Allemands et le 5 mars c'est au tour du village du même nom. Les soldats français sous le commandement du général Pétain puis du général Nivelle résistent vaillamment aux attaques ennemies. La route de Bar-le-Duc à Verdun, appelée la

« Voie Sacrée» est aménagée pour permettre aux camions d'apporter en continu ravitaillement et renforts. Mais les combats sont violents, au corps-à-corps et à la baïonnette, sous un déluge de feu et de gaz toxiques.

Les attaques et contre-attaques se succèdent et des villages entiers sont détruits. Le fort de Vaux, le 7 juin, le village de Fleury, le 23 juin, sont pris par les Allemands qui échouent toutefois à conquérir Verdun. Ils lancent un dernier assaut le 11 juillet sur le fort de Souville, sans succès, et, renoncent à poursuivre l'offensive. De juillet à décembre 1916, les Français reprennent peu à peu leurs positions : le fort de Douaumont le 24 octobre et le fort de Vaux le 3 novembre.

Le bilan humain de la Bataille de Verdun est très lourd : 163.000 morts ou disparus du côté français, 143.000 du côté allemand, 400.000 blessés dans les deux camps. Un véritable «enfer» décrit dans les lettres de combattants.

 

Article paru dans le Figaro du 8 mars 1916

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